INSOLITE
Mirakelkolom
Une colonne sur le Rokin rappelle le Miracle d'Amsterdam (1345) : une hostie jetée au feu refusa de brûler.
Une colonne sur le Rokin
La Mirakelkolom est une colonne de pierre sur le Rokin, près de la Wijde Kapelsteeg. Elle se dresse entre les boutiques, les tramways et les vélos, et on passe facilement devant sans la voir. Elle n'est ni grande ni majestueuse. Elle mérite pourtant quelques minutes pour ce dont elle se souvient : une histoire de miracle du Moyen Âge et une église qui n'existe plus.
Cette église était la Heilige Stede, appelée aussi Nieuwezijds Kapel. Elle se trouvait sur le Rokin et commémorait le Miracle d'Amsterdam, qui aurait eu lieu en 1345.
Voici l'histoire. Un mourant reçut les derniers sacrements, mais ne put garder l'hostie et la rejeta. L'hostie fut jetée au feu. Le lendemain matin, on la retrouva intacte dans les cendres. Quoi qu'on en pense, les gens y crurent. Une chapelle fut construite, et Amsterdam devint un lieu de pèlerinage. La Heilige Stede fut démolie en 1908.
Une colonne faite de restes
La colonne que l'on voit date de 1988, mais ses pierres sont bien plus anciennes. Après la démolition, des morceaux de l'église sont restés un temps dans le jardin du Rijksmuseum. Puis ils ont été mis en réserve. L'artiste Hans 't Mannetje a rassemblé les tambours de colonne conservés et un chapiteau, et en a fait une nouvelle colonne. Elle a un noyau renforcé, un bloc en forme de coussin au sommet et un bloc neuf à la base.
L'idée vient de Geurt Brinkgreve et de sa fondation Amsterdam Versierd, qui voulait rendre l'histoire de la ville visible dans la rue. La fondation et le Gezelschap van de Stille Omgang l'ont financée. C'est la société à l'origine de la Procession silencieuse, qui traverse encore le vieux centre chaque mois de mars. La colonne a coûté 67 000 florins. L'évêque auxiliaire Joseph Lescrauwaet l'a inaugurée en mars 1988.
Sa vie récente a été agitée. Elle a été déposée en 2001 pour laisser place aux travaux de la ligne de métro Nord-Sud. Elle est revenue en février 2017, mais elle n'était pas assez stable, alors on l'a retirée pour la renforcer. Elle a été remise en place en avril 2018.
Ce qu'il faut regarder
Approchez-vous et lisez la colonne comme un collage. C'est un faisceau de formes de piliers, où des fragments médiévaux et du travail moderne forment un seul ensemble. Laissez votre regard descendre du bloc en coussin, en haut, jusqu'à la base.
Lisez ensuite le texte sur le bloc le plus bas. Il est gravé dans la pierre en lettres de style ancien et explique ce que vous avez sous les yeux. La plupart des gens ne le voient jamais, car ils regardent la colonne et non son pied.
Regardez enfin la rue autour de vous. Le Rokin suit le tracé de l'Amstel, qui coulait ici autrefois. La circulation, les vitrines et les câbles des tramways reposent sur ce qui était de l'eau. Face à cela, une colonne faite des restes d'une chapelle disparue depuis plus d'un siècle paraît un peu plus étrange, et un peu plus têtue.
Avant d'y aller
- Prenez le métro jusqu'à la station Rokin, à courte distance à pied de la colonne, ou marchez depuis la place du Dam le long du Rokin.
- La colonne est dans la rue : vous pouvez la voir à tout moment, et c'est gratuit.
- Venez tôt le matin pour regarder l'inscription au calme, avant que le Rokin se remplisse.
- Cherchez le texte explicatif sur la base. On le rate facilement.
- Venez en mars si possible. La Procession silencieuse, qui garde vivant le souvenir du miracle, traverse alors le centre.









